Chapitre 7 - La Vérité de Veronica

"Où est-il ?" cracha Elara avec un mépris viscéral, faisant un pas en avant, dangereusement proche de Veronica, ignorant totalement l'arme mortelle pointée directement sur sa poitrine. "Où est caché ce lâche pathétique ?" Veronica laissa échapper un rire doux, cristallin, mais dépourvu de toute chaleur. "Julian ? Il est déjà loin, en sécurité, à des milliers de kilomètres de tes pitoyables crises de nerfs. Il m'a laissée ici provisoirement pour faire le grand ménage avant de le rejoindre. C'est vraiment dommage pour toi, Elara. Au fond, tu étais une gentille fille, docile et crédule. Exactement ce qu'il recherchait pour la façade parfaite. Mais Julian voulait infiniment plus d'argent et la liberté absolue, et ta naïveté faisait de toi la clé parfaite pour payer l'addition finale au FBI." Liam, gardant son sang-froid, leva lentement les mains en l'air, paumes ouvertes, cherchant à désamorcer la situation. "Veronica, écoutez-moi attentivement. Réfléchissez deux secondes. Si Julian vous a réellement laissée seule ici avec une arme, ce n'est pas juste pour faire le ménage et nettoyer les preuves. C'est parce que, dans son grand plan, vous êtes le prochain fusible prévu pour sauter. Le cartel de Sinaloa est impitoyable, ils ne laisseront absolument aucun témoin derrière eux, même pas sa charmante maîtresse. S'il a simulé sa mort avec tant de soin, c'est pour effacer définitivement toutes ses traces. Et vous, ma chère, vous êtes la plus grosse trace qu'il ait laissée." Le sourire narquois de Veronica vacilla très légèrement, une once d'hésitation et de doute traversant furtivement son regard bleu glacé. C'était largement suffisant pour Liam. En un mouvement explosif, le journaliste plongea brutalement en avant, attrapant le bord de la lourde table basse en verre et la renversant de toutes ses forces sur les jambes de Veronica. Déséquilibrée, la jeune femme pressa la détente par réflexe. Le coup de feu étouffé partit, ratant Liam de quelques centimètres, et alla briser en mille morceaux une immense baie vitrée dans un fracas de verre assourdissant. Profitant de la confusion totale, Elara, animée par une rage sauvage, se jeta littéralement sur la blonde, la plaquant durement au sol de marbre. Les deux femmes luttèrent violemment, roulant parmi les débris de verre coupant, Elara puisant dans son désespoir et sa rage accumulée depuis des jours pour prendre finalement le dessus. D'un geste vif et brutal, elle attrapa le poignet délicat de Veronica et le tordit sans pitié vers l'extérieur jusqu'à ce que, hurlant de douleur, la maîtresse lâche l'arme qui glissa sur le sol. Haletante, le visage couvert de sueur et de quelques égratignures, Elara ramassa le pistolet et le pointa, les mains étonnamment fermes, sur le visage de la maîtresse de son mari. "Parle maintenant. Où va-t-il exactement ?" Veronica, le nez en sang suite au choc, le maquillage coulant de terreur, cracha avec défi sur le luxueux tapis blanc. "Il va à Monaco. Il va retirer l'intégralité de l'argent du compte secret crypté. Mais tu ne l'auras jamais, pauvre fille. Eleanor, sa mère, a découvert que tu avais fui. Elle a envoyé ses propres nettoyeurs privés, des anciens mercenaires. Et ils seront là d'ici cinq minutes." À l'appui de ses paroles terrifiantes, un crissement strident de multiples pneus de gros véhicules s'arrêtant violemment à l'extérieur de la propriété confirma ses dires. Liam attrapa fermement Elara par le bras. "On doit bouger, tout de suite, par derrière !" Ils abandonnèrent Veronica au sol et coururent à perdre haleine vers l'arrière de la villa, s'enfonçant tête baissée dans la végétation tropicale dense et agressive au moment même où des hommes lourdement armés défonçaient la porte d'entrée en chêne massif avec un bélier.