Chapitre 10 - Face à Face avec le Fantôme

Il portait un costume sur mesure en lin blanc immaculé qui soulignait sa silhouette, la peau parfaitement bronzée par le soleil méditerranéen, l'air hautain d'un dieu grec descendu de l'Olympe. Mais le masque de perfection de Julian Vance s'était effondré : ses yeux sombres, d'ordinaire calculateurs, étaient maintenant remplis d'une malice meurtrière et d'une fureur animale incontrôlable. Il n'était pas mort dans les flammes. Et, pire encore, il n'était pas venu seul. Deux gardes du corps massifs, lourdement armés et patibulaires, bloquaient fermement l'unique porte de sortie de la banque. "Tu as toujours été intelligente et surprenante, ma chérie," dit Julian d'un ton faussement mielleux en s'approchant lentement, comme un prédateur savourant l'instant. "Mais tu n'as jamais, ô grand jamais, été assez vicieuse pour espérer me battre à mon propre jeu." Malgré la terreur qui lui tordait les entrailles, Elara ne recula pas d'un pouce. Elle se redressa, bravant son regard psychopathe. "Tu es un monstre abject, Julian. Un lâche. Tu as méthodiquement détruit ma vie, tu as délibérément voulu m'envoyer pourrir en prison pour tes crimes avec les cartels !" "Ne sois pas si dramatique, Elara, ce n'étaient que des affaires purement logistiques. Rien de personnel, je t'assure," dit-il avec un haussement d'épaules effrayant de désinvolture, prouvant son absence totale d'empathie. Il se tourna ensuite vers le directeur de la banque, qui tremblait de tous ses membres derrière son bureau, livide de peur. "Je suis le véritable titulaire de ce compte. Arrêtez ce transfert ridicule sur-le-champ, avant que je ne vous fasse sauter la cervelle sur votre beau tapis." "Cet homme est déclaré légalement et officiellement mort aux États-Unis," intervint soudainement Liam d'une voix forte et autoritaire, s'interposant physiquement entre le corps de Julian et celui d'Elara pour la protéger. "Par conséquent, tous ses comptes bancaires font de facto partie intégrante de la succession gérée par sa veuve légitime. Le transfert vient d'être validé par le système. L'argent est parti." Julian regarda Liam de haut en bas avec un dédain profond et meurtrier. "Ah, le petit journaliste fouineur et prétendument héroïque. Tu crois sincèrement, dans ta grande naïveté, que les subtilités du droit bancaire international s'appliquent ici et maintenant ? Mes hommes vont joyeusement vous abattre tous les deux dans cette pièce insonorisée, on jettera discrètement vos corps lestés dans les profondeurs de la mer Ligure ce soir, et je trouverai un moyen de récupérer mon argent d'une manière ou d'une autre." Liant le geste à la parole glaçante, il sortit un revolver chromé de sous sa veste et le pointa fermement, sans trembler, directement sur la poitrine d'Elara. "Je te le demande une dernière fois : annule ce transfert via ton code, Elara. Maintenant, ou je la tue, Carter." Elara baissa les yeux vers le canon menaçant de l'arme mortelle, puis releva lentement la tête pour scruter le visage déformé par la haine de l'homme qu'elle avait naïvement aimé et épousé. Étrangement, le calme l'envahit. Elle n'avait plus la moindre peur de lui. "Non. Va en enfer, Julian," dit-elle fermement, avec une résolution d'acier. Julian, les yeux fous, arma le chien de son revolver dans un cliquetis métallique sinistre. "Je ne plaisante pas, sale garce." Soudain, déchirant l'air lourd du bureau, des sirènes de police stridentes et hurlantes retentirent à l'extérieur. De violentes lumières bleues clignotantes traversèrent les épaisses vitres blindées de la banque. Liam sourit, un sourire large et victorieux, triomphant. "Moi non plus, je ne plaisantais pas, Julian. J'ai discrètement déclenché l'alarme silencieuse anti-braquage sous le bureau de notre ami le directeur dès que tu as franchi le seuil. Les forces spéciales d'Interpol sont là, elles encerclent le bâtiment. Un mort-vivant armé tentant de voler sa veuve va être très, très difficile à expliquer aux autorités monégasques."