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Chapter 4 - Patrick avait fait une promesseJe retrouvai Patrick le samedi suivant.

Il réparait une clôture derrière sa maison.

—Tu savais pour les lettres.

Il posa son marteau.

—Helen t’en a parlé.

—Oui.

—Alors oui.

—Il y a combien de choses que tu sais sur ma famille et que j’ignore ?

Patrick sourit.

—Probablement moins que tu l’imagines.

Je croisai les bras.

—Pourquoi Papa t’a-t-il donné les lettres ?

Le sourire disparut.

Patrick s’assit sur une planche.

—Parce qu’il me l’a demandé.

—Ça ne répond pas à ma question.

Il regarda le jardin.

—Ton père avait peur de ce qui arriverait à ta mère après sa mort.

Cela ne me surprenait pas.

—Il avait peur qu’elle soit seule ?

—Pas exactement.

Patrick choisissait ses mots avec prudence.

—Daniel savait qu’Helen savait être une épouse. Une mère. Une amie. Mais après quarante ans avec quelqu’un, il se demandait si elle saurait encore être simplement elle-même.

Je m’assis à côté de lui.

—Et quel rapport avec toi ?

—Il ne voulait pas que je la sauve.

—Alors quoi ?

—Que je sois disponible.

Papa lui avait fait promettre trois choses.

Réparer les choses que Maman ne savait pas réparer.

Ne jamais lui faire sentir qu’elle devait être reconnaissante.

Et, surtout, ne jamais me rapporter tout ce qu’elle faisait.

—Il savait que j’essaierais de tout contrôler ?

Patrick rit légèrement.

—Il disait que tu étais “une excellente générale dans une armée qui n’avait pas demandé de général”.

Je poussai son épaule.

—Ça lui ressemble.

Patrick redevint sérieux.

—Il t’aimait énormément, Rachel. Mais il savait aussi que ta façon d’aimer consistait à agir.

Je ne pouvais pas le nier.

—Et les visites au cimetière ?

—Ça ne faisait pas partie de son plan.

—Donc Papa ne t’a pas demandé de l’y conduire ?

—Non.

Cette réponse me soulagea étrangement.

Je ne voulais pas imaginer que mon père avait organisé le deuil de ma mère avant même de mourir.

—Helen me l’a demandé elle-même.

Patrick regarda ses mains.

—Mais quand elle m’a demandé, je me suis souvenu de quelque chose que Daniel m’avait dit.

—Quoi ?

Patrick hésita.

Puis il imita presque la voix de mon père.

—“Un jour, elle te demandera probablement quelque chose qui n’aura aucun sens. Si ça ne lui fait pas de mal, aide-la avant de lui expliquer pourquoi c’est bizarre.”

Je ris à travers mes larmes.

—Il te connaissait bien aussi.

—Malheureusement.

Je regardai sa maison.

Patrick ne s’était jamais marié.

Il avait eu plusieurs relations, mais aucune n’avait duré.

Pendant des années, je le taquinais à ce sujet.

Ce jour-là, une question différente me vint.

—Est-ce que ça te fait mal ?

—Quoi ?

—D’accompagner Maman là-bas.

Il comprit.

—Parfois.

Patrick avait aimé mon père comme un second père.

Je l’avais oublié.

J’avais tellement centré la mort de Papa sur ma mère et sur moi que j’avais presque oublié tous ceux qui l’avaient également perdu.

—Tu restes dans la voiture pour lui laisser de l’intimité.

—Oui.

—Mais toi, tu fais quoi de ton propre chagrin ?

Patrick sourit tristement.

—Je conduis.

Cette réponse me bouleversa.

Peut-être que le deuil de chacun avait simplement pris une forme différente.

Maman dansait.

Patrick conduisait.

Moi, j’organisais.

Nous essayions tous de continuer à aimer quelqu’un qui n’était plus là.

Avant que je parte, Patrick m’appela.

—Rachel.

Je me retournai.

—Ta mère va probablement arrêter les jeudis un jour.

—Pourquoi tu dis ça ?

—Parce qu’elle a commencé à parler du printemps prochain.

—Et alors ?

—Pendant longtemps, elle ne parlait jamais de quelque chose qui n’était pas déjà arrivé.

Je compris.

Faire des projets.

Même petits.

C’était une forme d’espoir.

—Elle m’a demandé de l’aider à remettre le jardin en état en mars.

Je souris.

Le jardin.

Celui que Papa aimait.

Celui qu’elle avait laissé pousser depuis sa mort.

—Patrick ?

—Oui ?

—Merci.

Il haussa les épaules.

—J’ai simplement tenu une promesse.

—Non.

Je secouai la tête.

—Tu lui as laissé le droit de souffrir sans lui demander de devenir quelqu’un d’autre.

Patrick baissa les yeux.

—Parfois, rester est la seule chose qu’on peut faire.

Cette phrase me suivit jusqu’à chez moi.

Pendant trois ans, j’avais cherché la bonne chose à faire.

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Peut-être que certaines personnes n’avaient jamais eu besoin que je fasse quoi que ce soit.

Peut-être avaient-elles simplement eu besoin que je reste.

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