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Le Cri derrière les Portes / Chapter 12 / 15

Chapter 12 - Le dernier piège d’Antoine

La salle du conseil fut immédiatement verrouillée.

Les policiers ordonnèrent à tous les administrateurs de s’éloigner des fenêtres. Une fumée grise pénétrait déjà sous la porte principale, accompagnée d’une odeur de plastique brûlé.

Marc se précipita vers le panneau de contrôle.

— Le réseau interne vient d’être pris à distance.

— Antoine avait prévu une sortie, dit Daniel.

— Il avait surtout prévu ce moment depuis longtemps.

Le compte à rebours affichait dix-huit minutes.

Marc ouvrit plusieurs fenêtres de diagnostic.

— Le système central gère les serveurs, les ascenseurs, la ventilation et les archives numériques. Il lance actuellement une procédure de destruction.

— Une destruction physique ? demanda Beaumont.

— D’abord numérique. Ensuite, je ne sais pas.

Une nouvelle explosion résonna à un étage inférieur.

Les administrateurs commencèrent à paniquer.

— Il y a des centaines d’employés dans la tour ! s’écria Bernard Lemaire.

Daniel se tourna vers les policiers.

— Faites évacuer le bâtiment.

— Les ascenseurs sont bloqués.

— Utilisez les escaliers.

Un officier tenta d’ouvrir la porte, mais la serrure électronique ne répondait plus. Deux agents durent la forcer avec une barre métallique.

Dans le couloir, les lumières clignotaient. Des alarmes retentissaient dans toute la tour.

Daniel chercha Claire.

Elle se trouvait près de Juliette et de Sophie.

— Tu dois partir avec elles.

— Et toi ?

— Je vais aider Marc.

— Antoine veut que tu restes ici.

— Il veut surtout détruire les preuves.

Claire comprit ce que cela signifiait. Les serveurs contenaient les journaux de connexion, les contrats, les transferts et les messages nécessaires pour établir l’ampleur du réseau criminel. Si Antoine les effaçait, les enregistrements déjà récupérés resteraient importants, mais des dizaines de complices pourraient échapper à la justice.

— Nous avons des copies, dit-elle.

— Pas de tout.

Daniel prit son visage entre ses mains.

— Descends avec Éloïse dès que Beaumont te confirme qu’elle est arrivée.

Le bébé se trouvait encore dans l’appartement sécurisé, mais Camille devait la conduire au palais de justice pour une audition concernant la fausse ordonnance.

Claire reçut précisément un message.

Nous sommes bloquées dans le parking souterrain de la tour. Toutes les sorties viennent de se fermer.

Son sang se glaça.

— Camille et Éloïse sont dans le bâtiment.

Daniel lut le message.

— Quel niveau ?

— Moins trois.

Le compte à rebours indiquait seize minutes.

Claire se tourna vers Marc.

— Que se passera-t-il à zéro ?

Il hésita.

— Antoine a activé quelque chose dans les systèmes électriques du sous-sol. Je vois une surcharge près des générateurs.

— Une explosion ?

— Possible.

Daniel appela l’équipe de sécurité.

Aucune réponse.

Plusieurs employés descendaient déjà par les escaliers, mais atteindre le parking depuis le dernier étage prendrait trop de temps.

— Il existe un ascenseur de service indépendant, dit Sophie.

Tous la regardèrent.

— Étienne me l’avait montré autrefois. Il reliait directement les bureaux de direction aux archives souterraines. Il fonctionnait avec un circuit séparé pour permettre une évacuation en cas d’attaque.

Bernard Lemaire confirma son existence.

— L’entrée se trouve derrière la salle des portraits.

Daniel et Claire coururent dans le couloir, suivis par un policier. Ils atteignirent une petite pièce contenant les photographies des anciens présidents de Moreau Industries.

Derrière le portrait d’Étienne, Daniel découvrit un lecteur de clé mécanique.

Il pensa au médaillon de Juliette.

— La clé du coffre.

Juliette les avait suivis malgré sa blessure.

Elle ouvrit le médaillon et inséra la petite clé dorée.

Une partie du mur coulissa.

L’ascenseur secret était toujours là.

— Je viens avec vous, dit Juliette.

— Tu peux à peine marcher, répondit Daniel.

— Cette clé ne fonctionne peut-être pas seule dans le parking.

Sophie voulut également les suivre, mais Claire l’en empêcha.

— Restez avec les policiers. Si nous ne remontons pas, vous devrez témoigner pour nous tous.

L’ascenseur descendit lentement.

Quatorze minutes.

Dans le parking souterrain, Camille serrait Éloïse contre elle dans une voiture verrouillée. Plusieurs autres véhicules étaient coincés devant les grilles de sortie.

Une fumée légère s’échappait déjà d’un local technique.

Claire courut vers sa fille.

— Maman est là.

Elle prit Éloïse dans ses bras et vérifia immédiatement sa respiration.

Daniel tenta d’ouvrir les grilles, sans succès.

Marc parlait dans leurs écouteurs.

— Le système d’évacuation du parking est contrôlé par un boîtier situé au niveau moins quatre.

— Il existe un niveau moins quatre ? demanda Claire.

— Officiellement, non.

Juliette se souvenait d’histoires racontées par Étienne. Moreau Industries avait construit sous la tour un ancien abri destiné aux dirigeants pendant la guerre froide. Antoine avait probablement utilisé cet espace pour installer un centre de contrôle clandestin.

Daniel confia Claire et Éloïse à Camille.

— Retournez vers l’ascenseur.

— Et les autres personnes du parking ?

Près d’une trentaine d’employés étaient prisonniers derrière les grilles.

— Je vais ouvrir les sorties.

Claire refusa de remonter sans eux.

— Nous ne laisserons personne ici.

Juliette désigna une porte blindée à l’extrémité du parking.

— L’accès au niveau inférieur doit être là.

Le compte à rebours indiquait onze minutes.

Daniel, Claire, Juliette et le policier descendirent un escalier étroit. Au niveau moins quatre, ils découvrirent un couloir rempli de serveurs.

Antoine se tenait devant une console.

Il avait retiré sa veste. Du sang coulait de son front, probablement à cause de l’explosion utilisée pour fuir la salle du conseil.

— Je savais que tu descendrais, dit-il à Daniel.

— Ouvre les grilles.

— Donne-moi le testament original.

— Il est entre les mains de la police.

— Alors fais supprimer les charges.

Daniel s’approcha.

— Tu ne peux plus négocier.

Antoine montra un dispositif relié à plusieurs câbles.

— À zéro, les générateurs exploseront. Le feu atteindra les serveurs, puis le parking.

Juliette s’avança.

— Il y a des innocents là-haut.

— Les empires ne meurent jamais sans victimes.

— Tu m’as élevée en affirmant que tout ce que tu faisais était pour moi.

— C’était vrai.

— Tu as essayé de tuer ma mère.

— Sophie aurait détruit notre famille.

— Tu es en train de détruire l’entreprise que tu voulais me donner.

Antoine la regarda avec une étrange douceur.

— Parce que tu l’as donnée à Daniel.

Juliette secoua la tête.

— Je ne lui ai rien donné. Je choisis simplement de ne pas devenir comme toi.

Cette réponse déclencha sa colère.

Antoine saisit un pistolet caché près de la console.

Le policier leva son arme.

— Posez-la !

Antoine tira le premier.

La balle atteignit le policier au bras. Daniel se jeta sur Antoine. Les deux hommes tombèrent contre les serveurs.

Juliette tenta d’atteindre la console, mais le programme exigeait un code.

Claire entendit Marc dans son écouteur.

— Je peux arrêter la surcharge si vous me donnez un accès physique.

— Comment ?

— Branchez votre téléphone sur le port rouge.

Claire plaça Éloïse dans les bras de Juliette, puis courut vers la console.

Le compte à rebours affichait six minutes.

Daniel et Antoine luttaient au sol. Antoine frappa Daniel au visage avec la crosse du pistolet.

— Tu m’as volé mon nom ! cria Antoine.

Daniel bloqua son bras.

— Je ne l’ai jamais voulu !

— Tu es mon fils !

— Tu n’as jamais été mon père.

Daniel lui arracha l’arme et la lança au loin.

Antoine resta figé une seconde.

Ces mots l’avaient frappé plus violemment que les coups.

Claire brancha son téléphone.

Marc prit le contrôle du système.

— J’ai besoin de trois minutes.

— Nous en avons cinq.

— Le programme se défend.

Antoine se releva brusquement et courut vers le dispositif explosif.

Juliette lui barra le passage.

— Écarte-toi !

— Non.

— Juliette !

— Pour la première fois de ma vie, tu vas m’écouter.

Elle tenait Éloïse contre elle.

— Il y a un enfant ici. Une enfant qui n’a rien à voir avec tes entreprises, tes mensonges ou ton orgueil.

Antoine regarda le bébé.

Son hésitation dura une seconde.

Mais elle suffit.

Daniel le plaqua contre le sol. Le policier blessé réussit à récupérer son arme et le mit en joue.

Le compte à rebours atteignit trente secondes.

Marc cria :

— Claire, retire le câble bleu situé sous la console !

Elle se pencha.

Plusieurs fils étaient bleus.

— Lequel ?

— Celui qui porte l’étiquette G-7.

Dix secondes.

Claire trouva le câble.

Cinq secondes.

Elle tira.

L’écran s’éteignit à deux secondes.

Dans le silence qui suivit, personne n’osa respirer.

Puis les grilles du parking se levèrent.

Les alarmes s’arrêtèrent.

Antoine regarda Claire avec incrédulité.

— Une infirmière, murmura-t-il. Une simple infirmière a détruit tout ce que nous avions construit.

Claire reprit Éloïse des bras de Juliette.

— Non. Vous l’avez détruit vous-même le jour où vous avez commencé à croire que certaines vies avaient moins de valeur que votre pouvoir.

Les renforts descendirent au niveau moins quatre.

Antoine fut menotté.

Cette fois, il n’existait plus de passage secret, plus d’homme payé pour créer une diversion et plus de faux document derrière lequel se cacher.

Lorsque les policiers l’emmenèrent, il tenta une dernière fois d’appeler Daniel.

— Mon fils.

Daniel ne se retourna pas.

Il rejoignit Claire et posa une main sur la tête d’Éloïse.

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Derrière eux, les serveurs conservaient toutes les preuves qu’Antoine avait voulu brûler.

Devant eux, pour la première fois, aucune porte n’était verrouillée.

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