Chapter 9 - Le souvenir incomplet

Nicolas pâlit.
— Je n’étais pas sur le yacht.
Antoine tenta de se lever.
— Je t’ai vu près du moteur.
— J’étais à Londres.
— Tu portais une veste noire avec l’emblème de ta famille.
Sofia demanda les registres de voyage. Ils confirmaient que Nicolas avait pris un avion pour Londres la veille de l’explosion.
Mais son téléphone avait été éteint pendant six heures.
— J’étais dans une réunion privée, expliqua-t-il.
— Avec qui ? demanda Amélie.
— Mon père.
Henri était officiellement hospitalisé en France ce jour-là. Pourtant, Nicolas l’avait rejoint dans une propriété secrète près de Londres.
— Pourquoi avoir caché cette rencontre ?
— Il m’a dit que Diane avait préparé quelque chose contre Antoine. Il voulait que je l’aide à déplacer des fonds pour empêcher l’opération.
— L’as-tu fait ?
— Oui.
— Et as-tu prévenu Antoine ?
Nicolas baissa les yeux.
— Non.
Il craignait de révéler les fraudes de sa famille. Il avait tenté de bloquer l’argent sans avertir les personnes directement menacées.
Antoine le regarda.
— J’ai peut-être vu un autre homme.
Les médicaments et les traumatismes rendaient ses souvenirs fragiles. Diane utiliserait cette hésitation pour présenter tout son témoignage comme peu fiable.
Louis entra avec sa thérapeute.
En voyant son père réveillé, il courut vers lui.
Antoine l’enlaça.
Le garçon resta longtemps silencieux.
Puis il regarda Nicolas.
— Ce n’était pas lui.
Tous se tournèrent.
— Comment le sais-tu ? demanda Sofia.
— L’homme sur le bateau avait une bague avec un serpent.
Nicolas ne portait aucune bague.
Sofia retrouva des photographies anciennes. Étienne Borel portait souvent une bague en argent représentant un serpent autour d’un bâton médical.
Le médecin avait déclenché l’explosion.
Antoine avait associé sa veste sombre à Nicolas.
Le souvenir n’était pas faux. Il était incomplet.
Borel fut confronté à la preuve. Il finit par avouer.
Henri lui avait ordonné de saboter le moteur, puis avait tenté d’annuler le plan. Diane avait exigé qu’il continue.
Après l’explosion, Borel avait déclaré Antoine et Louis morts, puis les avait transférés séparément.
— Pourquoi les garder en vie ? demanda Sofia.
— Diane voulait les codes.
— Et ensuite ?
Borel ne répondit pas.
Il n’en avait pas besoin.
Amélie savait ce qu’elle avait prévu.
Nicolas demanda à parler avec elle.
— Je ne suis pas responsable de l’explosion.
— Non.
— Mais je savais qu’un danger existait et je n’ai prévenu personne.
— Oui.
— Je ne te demanderai pas de distinguer immédiatement ces choses pour me pardonner.
Amélie le regarda.
Pour la première fois, il ne cherchait ni à se défendre ni à obtenir une récompense émotionnelle.
— Témoigne publiquement, dit-elle.
— Contre mes parents ?
— Contre le système dont tu as profité.
— Je le ferai.
— Même si cela détruit ton entreprise ?
— Oui.
— Ne réponds pas trop vite.
Nicolas prit le temps de réfléchir.
— Je le ferai, même si cela détruit l’entreprise.
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Amélie ne lui promit rien.
Mais elle accepta de croire cette décision lorsqu’elle serait suivie d’actes.