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Chapter 2 - Le fils revenu de la mer

La salle de bal fut évacuée.

La police installa un périmètre autour du château pendant que les médecins examinaient Louis dans une chambre du rez-de-chaussée. Sa main avait été coupée par une fenêtre brisée, mais aucune artère n’avait été touchée.

Les analyses révélèrent toutefois autre chose.

Des traces de sédatifs étaient présentes dans son sang.

— Depuis combien de temps lui administrait-on ces produits ? demanda Amélie.

La médecin hésita.

— Probablement plusieurs mois. Peut-être davantage. Nous devons effectuer d’autres examens.

Amélie était assise près du lit. Elle tenait la main intacte de son fils, incapable de détourner les yeux.

Louis semblait plus petit sous la couverture.

— Est-ce que tu vas encore disparaître ? demanda-t-il.

— Non.

Amélie répondit trop vite.

Elle savait qu’aucun adulte ne pouvait promettre que rien de mauvais n’arriverait jamais. Mais après trois ans de séparation, elle n’était pas capable de lui offrir une réponse prudente.

— Je resterai avec toi aussi longtemps que tu voudras de moi.

Louis observa Nicolas, debout près de la fenêtre.

— Qui est-il ?

— Il s’appelle Nicolas.

— C’est l’homme que tu épousais ?

— Oui.

L’enfant baissa les yeux.

— Est-ce qu’il voulait remplacer papa ?

Nicolas s’approcha lentement.

— Non. Personne ne peut remplacer ton père.

— Alors pourquoi tu voulais épouser maman ?

— Parce que je l’aime.

— Ma grand-mère disait que les hommes disent ça quand ils veulent prendre quelque chose.

Nicolas regarda Amélie.

— Quelle grand-mère ?

— Madame Diane disait que je devais l’appeler grand-mère.

Amélie sentit sa colère monter.

Diane avait été interrogée dans une autre partie du château. Elle niait connaître l’enfant et affirmait qu’une organisation criminelle avait préparé la scène pour empêcher la fusion entre Laurent Maritime et le groupe de Villiers.

Le mariage devait légalement finaliser une alliance entre les deux empires familiaux.

Une fois l’acte signé, Diane aurait obtenu un siège permanent au conseil de Laurent Maritime.

Louis regarda sa mère.

— Elle disait que tu devais signer avant minuit.

— Quels papiers ?

— Je ne sais pas. Quand je posais des questions, le docteur me donnait un médicament.

— Quel docteur ?

— Monsieur Borel.

Amélie connaissait ce nom.

Étienne Borel avait signé le certificat de décès de Louis après l’accident. Il avait déclaré que l’enfant ne pouvait avoir survécu à la température de l’eau.

— Où est la maison aux volets verts ? demanda Nicolas.

Louis ferma les yeux.

— Je ne sais pas. Il y avait un lac, des cloches et un grand arbre devant la fenêtre.

— Qui est Madame Jeanne ?

— Elle faisait la cuisine. Elle était gentille. C’est elle qui m’a dit que maman allait se marier au château.

— Elle t’a aidé à sortir ?

Louis hocha la tête.

— Elle a ouvert la porte de la cave. Mais un homme l’a vue.

— Que s’est-il passé ?

L’enfant commença à trembler.

Amélie se pencha vers lui.

— Tu n’es pas obligé de raconter maintenant.

— Il l’a frappée.

— Est-elle vivante ?

— Je ne sais pas.

Nicolas appela immédiatement la commandante Sofia Renaud, responsable de l’enquête. Ils devaient retrouver la maison avant que les hommes de Diane ne détruisent les preuves.

La petite clé noire reposait sur la table.

— Sais-tu ce qu’elle ouvre ? demanda Amélie.

— Papa disait que ça ouvrirait la vérité.

Louis raconta la nuit de l’explosion.

Antoine l’avait réveillé et emmené dans une cabine inférieure. Il semblait blessé. Avant de refermer la porte, il avait donné la clé à son fils.

— Il m’a dit de me cacher et d’attendre que le bateau s’arrête.

Louis se souvenait d’une dispute sur le pont.

Diane était présente.

Un autre homme parlait avec elle.

Puis une explosion avait projeté Louis contre la paroi.

Lorsqu’il s’était réveillé, il se trouvait dans une ambulance. Diane lui avait expliqué que ses parents étaient morts et qu’Amélie l’avait abandonné avant l’accident.

— Mais j’étais sur la terre ferme ce soir-là, dit Amélie.

— Je sais maintenant.

— Pourquoi ?

— Madame Jeanne m’a montré une vidéo de toi qui me cherchais sur une plage.

Amélie ferma les yeux.

Pendant trois ans, son fils l’avait crue morte ou indifférente tandis qu’elle faisait diffuser son visage dans toute l’Europe.

Nicolas prit la clé.

— Antoine devait avoir préparé un coffre ou un serveur.

Amélie secoua la tête.

— Il avait un bureau privé au siège de Laurent Maritime. La police l’a fouillé.

— Peut-être cherchait-elle au mauvais endroit.

Une agente entra.

— Commandante Renaud souhaite vous parler.

Dans le couloir, Sofia montra une image prise par une caméra routière. Une voiture avait quitté le château quinze minutes avant l’arrivée de la police.

Diane était à l’intérieur.

— Comment a-t-elle pu sortir ? demanda Nicolas.

— Un officier a présenté un ordre de transfert signé par le procureur adjoint.

— Était-il authentique ?

— Non.

Diane avait déjà des complices au sein de la police.

Sofia montra une seconde photographie.

Le véhicule se dirigeait vers l’hôpital privé Borel.

Amélie comprit.

Diane allait retrouver le médecin qui avait déclaré Louis mort.

— Elle ne fuit pas, dit Nicolas. Elle détruit les témoins.

Dans la chambre, Louis se réveilla brusquement.

— Maman !

Amélie courut vers lui.

— Je suis là.

— La clé ne doit pas aller dans une porte.

— Qu’est-ce qu’elle ouvre ?

— Papa a dit : « Quand tout le monde regardera la mer, cherche sous la montagne. »

Amélie reconnut la phrase.

Au siège de Laurent Maritime, une immense peinture représentait la mer Méditerranée. Derrière elle se trouvait un mur en pierre provenant d’une ancienne carrière.

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La vérité n’était peut-être jamais sortie du bâtiment.

Elle se trouvait sous la montagne peinte.

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