Chapter 5 - Le bateau des disparus

Le vieux port était presque désert.
Le yacht d’Antoine, officiellement détruit trois ans plus tôt, avait été reconstruit sous un nouveau nom : L’Étoile Noire.
Diane avait conservé la structure principale après l’explosion. La police n’avait récupéré qu’une partie du bateau brûlé et avait supposé que le reste avait coulé.
Amélie observa le navire depuis une voiture banalisée.
— Louis est à l’intérieur.
Sofia confirma grâce aux caméras thermiques : quatre adultes et un enfant se trouvaient à bord.
Amélie portait un micro caché. Nicolas contrôlait à distance les systèmes du yacht à l’aide d’un ancien compte familial.
— Elle me demandera la clé, dit Amélie.
— Donnez-lui la copie.
— Elle saura qu’elle est fausse.
— Nous avons besoin de temps pour atteindre Louis.
Amélie monta seule sur la passerelle.
Diane l’attendait sur le pont, vêtue d’un manteau sombre. Louis était assis près d’elle, les poignets attachés.
— Maman !
Amélie voulut courir vers lui.
Diane posa une arme contre son épaule.
— Un pas de plus et il retourne dans la mer.
— Tu as déjà perdu.
— J’ai perdu une cérémonie. Pas la guerre.
— Nicolas sait tout.
— Nicolas croit ce qu’on lui montre. C’est sa plus grande faiblesse.
Amélie sortit la clé.
— Libère Louis.
— Ouvre d’abord le coffre.
Ils descendirent dans la cabine inférieure.
Le coffre se trouvait derrière une paroi brûlée. Diane inséra la clé, plaça la main de Louis sur le lecteur et força Amélie à prononcer la phrase demandée.
— La mer ne garde pas ce que l’amour continue de chercher.
Le coffre s’ouvrit.
À l’intérieur se trouvaient plusieurs disques, une caméra et une enveloppe portant le nom de Nicolas.
Diane la prit.
— Ton père n’aurait jamais dû enregistrer cela.
— Alors il a vraiment participé, dit une voix derrière elle.
Nicolas se tenait dans l’escalier.
Diane pointa son arme.
— Je t’avais dit de rester au château.
— Tu m’as dit beaucoup de choses.
— Tout ce que j’ai fait était destiné à protéger notre famille.
— Tu as enfermé un enfant.
— Pour empêcher son père de détruire des milliers d’emplois.
— Antoine voulait exposer des crimes.
— Antoine voulait se venger.
Nicolas regarda Louis.
— Lâche-le.
— Si je le fais, les actions reviennent au garçon et notre groupe s’effondre.
— Alors il s’effondrera.
Diane sembla réellement blessée.
— Tu abandonnerais le travail de plusieurs générations pour une femme rencontrée il y a deux ans ?
— Non. J’abandonne un système criminel pour ne pas devenir comme vous.
Elle tira.
Nicolas se jeta sur le côté. La balle frappa une conduite.
Amélie poussa Louis derrière le coffre.
Sofia et les agents montèrent à bord.
Diane courut vers le pont avec l’enveloppe d’Henri. Elle activa le moteur et tenta de détacher le yacht.
Nicolas utilisa son accès pour couper l’alimentation.
Le bateau resta immobile.
Diane monta sur la rambarde, l’arme dirigée vers Amélie.
— Donne-moi les disques.
— Non.
— Tu crois que la vérité te rendra heureuse ?
— Non. Mais elle empêchera d’autres personnes de disparaître.
Diane recula.
Son pied glissa sur le pont mouillé.
Elle tomba par-dessus la rambarde, mais Nicolas attrapa son poignet.
Diane resta suspendue au-dessus de l’eau noire.
— Lâche-moi, dit-elle.
— Non.
— Après tout ce que j’ai fait ?
— Je ne vous sauve pas pour vous pardonner.
Les agents aidèrent Nicolas à la remonter.
Diane fut menottée.
Amélie libéra Louis et le serra contre elle.
Dans la cabine, Sofia ouvrit l’enveloppe d’Henri.
Elle contenait un message pour Nicolas :
Si tu lis ceci, ta mère a probablement essayé de te convaincre que nous avons tout fait pour toi. Ne la crois pas. Nous l’avons fait pour le pouvoir.
La confession d’Henri expliquait comment Diane, Borel et lui avaient organisé des accidents maritimes, détourné des cargaisons et falsifié des rapports.
Il reconnaissait également avoir saboté le yacht d’Antoine.
Mais une dernière phrase changeait encore l’histoire :
Antoine Mercier a survécu à l’explosion. Diane l’a fait transférer dans une installation privée en Italie. Je ne sais pas s’il est encore vivant.
Amélie regarda son fils.
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Louis avait dit que son père n’était pas mort dans l’accident.
Peut-être avait-il raison d’une manière que personne n’avait imaginée.