Chapter 3 - Le coffre derrière la mer

Le siège de Laurent Maritime dominait le port de Marseille.
Amélie, Nicolas et la commandante Renaud arrivèrent avant l’aube, accompagnés d’une équipe technique. Louis resta à l’hôpital sous protection fédérale.
Dans le bureau d’Antoine, la grande peinture de la Méditerranée occupait encore tout un mur.
Amélie avait refusé de la retirer après sa mort.
Nicolas décrocha le tableau.
Derrière se trouvait une plaque de pierre sans serrure visible.
Amélie passa ses doigts sur la surface. Elle trouva une petite ouverture en forme de croix.
La clé noire entra parfaitement.
Un mécanisme se déclencha.
La pierre glissa.
À l’intérieur se trouvait un coffre contenant un ordinateur, plusieurs dossiers et un carnet portant les initiales d’Antoine.
L’appareil demanda une phrase secrète.
Amélie essaya la date de naissance de Louis.
Échec.
Le nom de leur bateau.
Échec.
Puis elle se souvint des mots qu’Antoine répétait lorsque leur fils avait peur de l’eau :
— La mer ne garde pas ce que l’amour continue de chercher.
Le système s’ouvrit.
Des centaines de fichiers apparurent.
Antoine enquêtait depuis plus de quatre ans sur Diane de Villiers. Elle utilisait les sociétés du groupe familial pour détourner de l’argent destiné aux assurances maritimes.
Des navires étaient volontairement endommagés, puis déclarés perdus. Les cargaisons disparaissaient avant les accidents et étaient revendues par l’intermédiaire d’entreprises secrètes.
Le yacht sur lequel Antoine et Louis avaient voyagé transportait des documents capables de révéler le système.
— Elle a fait exploser le bateau pour détruire les preuves, dit Sofia.
— Et elle a gardé Louis vivant parce qu’il possédait la clé, répondit Nicolas.
Un fichier intitulé PROJET HÉRITIER expliquait le reste.
Le père d’Amélie avait créé un fonds au nom de Louis. À son dixième anniversaire, le garçon deviendrait propriétaire de trente-six pour cent de Laurent Maritime.
Si Louis était officiellement mort, les actions revenaient à Amélie.
Si Amélie épousait Nicolas, Diane pouvait utiliser les accords de fusion pour obtenir le contrôle indirect de ces actions.
Mais Antoine avait ajouté une clause secrète.
La fusion serait annulée si Louis était retrouvé vivant avant minuit le jour du mariage.
— Voilà pourquoi elle l’a gardé caché jusqu’à aujourd’hui, dit Amélie.
— Elle voulait que tu signes d’abord.
— Ensuite, elle l’aurait fait disparaître définitivement.
Nicolas pâlit.
Il avait participé à la préparation de la fusion sans connaître la clause.
— Ma mère m’a utilisé pour entrer dans ton entreprise.
— Tu ne savais pas.
— Je n’ai pas posé assez de questions.
Amélie referma le carnet.
— Ne transforme pas ta culpabilité en excuse. Nous avons besoin de savoir ce que tu vas faire maintenant.
Nicolas accepta le reproche.
Un signal d’alarme apparut sur l’ordinateur.
Quelqu’un tentait d’effacer les serveurs depuis l’hôpital Borel.
Diane.
Sofia ordonna une intervention immédiate.
À leur arrivée, le bureau du docteur Étienne Borel était vide. Les disques durs brûlaient dans une poubelle métallique.
Ils trouvèrent une infirmière inconsciente dans le couloir.
Sur son téléphone apparaissait une vidéo reçue quelques minutes plus tôt.
Diane tenait Jeanne Vallon dans une ancienne maison.
La femme avait le visage couvert de blessures, mais elle respirait.
— Apportez-moi l’ordinateur d’Antoine et la véritable clé, disait Diane. Sinon, Jeanne mourra et Louis retournera là où personne ne le trouvera.
Nicolas regarda la vidéo.
— Elle ne peut pas approcher Louis. L’hôpital est protégé.
Sofia reçut un appel.
Elle resta silencieuse plusieurs secondes.
— Il ne l’est plus.
Deux agents avaient été retrouvés inconscients. La chambre de Louis était vide.
Amélie sentit le sol disparaître.
— Non.
Sur le lit, quelqu’un avait laissé la chemise blanche tachée de sang que Louis portait au mariage.
May you like
Une phrase était écrite dessus :
LA PREMIÈRE FOIS, VOUS AVEZ MIS TROIS ANS À LE RETROUVER. CETTE FOIS, VOUS AVEZ TROIS HEURES.