Chapitre 16 - L'Écran de la Vérité

Richard fronça les sourcils, profondément exaspéré par ce contretemps. "Qu'est-ce que c'est encore que cette mascarade ridicule ?" Il se précipita avec agacement vers le balcon intérieur du grand bureau qui surplombait majestueusement l'immense salle de réception du musée. Isabella, profitant avec l'instinct d'une survivante de la brève distraction de Marcus, lui asséna un violent coup de pied circulaire, précis, directement dans le genou, le faisant trébucher lourdement, et courut vers le balcon pour regarder en bas. Dans l'immense salle de gala, les milliers d'invités prestigieux, les journalistes affamés et les politiciens influents étaient littéralement figés, le souffle coupé, les yeux rivés avec incrédulité sur les multiples écrans géants habituellement réservés aux vidéos larmoyantes de charité. Les écrans ne diffusaient absolument pas des images d'enfants pauvres, mais des copies claires de documents financiers scannés prouvant des fraudes massives, des emails compromettants détaillant des pots-de-vin, et, pire que tout, des enregistrements audio de haute qualité. La voix froide de Richard Sterling résonna dans tout le musée, claire, implacable et indéniable : *"Assurez-vous que le malheureux accident de voiture de Jonathan soit parfaitement convaincant. Je ne veux absolument pas de questions fouineuses de la police. Et payez Eleanor cinq millions pour qu'elle dégage définitivement avec la gosse."* Le silence dans l'immense salle était absolu, écrasant, lourd d'un choc et d'une consternation inimaginables. Les nombreux journalistes sortirent immédiatement, par réflexe, leurs téléphones pour filmer en direct les écrans accablants. Richard, devenu d'une pâleur cadavérique, recula vivement du balcon, comprenant avec horreur que son empire séculaire s'effondrait sous ses yeux en quelques secondes. "Comment... comment diable est-ce possible ?" balbutia-t-il, les mains tremblantes, regardant l'ordinateur. "L'ordinateur est toujours ici, déconnecté !" Isabella sourit, un sourire éclatant, carnassier et vengeur. "Tu te trompes lourdement, Richard. Je n'avais absolument pas besoin de voler cet ordinateur physique ce soir pour l'exploiter. J'avais juste besoin, par un subterfuge, que tu l'allumes et que tu le connectes naïvement au réseau du musée pour vérifier toi-même qu'il était en sécurité. Quand le coffre s'est ouvert et que tu as allumé la machine, le réseau Wi-Fi local pré-configuré s'est activé. Ma mère, depuis le bunker, a piraté ton système avec un programme espion et téléchargé l'intégralité du disque dur en moins de dix secondes chronos, avant de diffuser tes secrets en direct au monde entier."