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Chapter 2 - Ce que Julien avait caché sous la maisonClaire attendit minuit avant de descendre à la cave.

Elle ne savait pas exactement pourquoi.

Peut-être parce que, après ce qu’elle venait de découvrir, chaque bruit lui semblait être celui d’une voiture revenant dans l’allée.

Elle avait changé les codes du système de sécurité.

Prévenu son avocate, Sarah Benhamou.

Et envoyé des copies des documents présentés par Madeleine sur un serveur sécurisé.

La petite clé noire ouvrit une porte métallique dissimulée derrière une étagère.

Claire n’avait jamais vu cette serrure.

Derrière se trouvait une pièce de moins de dix mètres carrés.

Pas de trésor.

Pas d’argent liquide.

Seulement des classeurs.

Un ordinateur.

Et une photographie de Julien.

Sous la photo, un mot :

« Pardonne-moi de ne pas t’avoir dit la vérité plus tôt. »

Claire s’assit.

Alluma l’ordinateur.

Le mot de passe était leur date de mariage.

Le premier dossier s’appelait :

MOREAU HABITAT — OPÉRATION HORIZON.

Claire l’ouvrit.

Son sang se glaça.

Pendant neuf ans, l’entreprise avait acheté des immeubles anciens dans des quartiers en rénovation.

Officiellement, les vendeurs acceptaient librement.

En réalité, plusieurs sociétés écrans organisaient des pressions.

Fausses dettes.

Inspections administratives provoquées.

Menaces d’expropriation.

Rumeurs sur l’état des bâtiments.

Les propriétaires vendaient à bas prix.

Moreau Habitat revendait ensuite après rénovation avec des marges énormes.

Claire reconnut plusieurs signatures.

Étienne.

Madeleine.

Un notaire.

Un élu municipal.

Mais pas Julien.

Puis elle trouva des courriels.

Julien écrivait :

« Arrêtez Horizon. Si quelqu’un découvre ce système, nous perdrons tout. »

Étienne répondait :

« Sans Horizon, l’entreprise ne vaut pas la moitié de sa valorisation. »

Madeleine :

« Ton père a construit cette famille pour qu’elle survive. Tu n’as pas le droit de devenir faible maintenant. »

Claire recula.

Moreau Habitat n’était pas seulement l’entreprise de Julien.

C’était aussi celle de son père.

Et Madeleine contrôlait encore une grande partie des anciennes structures financières.

Un autre dossier portait la mention :

CLAIRE.

Elle hésita.

Puis ouvrit.

Son propre nom apparaissait dans plusieurs projets.

Sa signature aussi.

Claire sentit son estomac se retourner.

— Non…

Elle n’avait jamais signé ces autorisations.

Pourtant les signatures semblaient parfaites.

Sarah arriva quarante minutes plus tard.

— Tu as touché à quelque chose ?

— Seulement à l’ordinateur.

— Bien.

Claire lui montra les fichiers.

Sarah resta silencieuse longtemps.

— S’ils sont authentiques…

— Ils le sont.

— Claire, ta signature apparaît.

— Je sais.

— Ils peuvent essayer de te faire porter une partie de la responsabilité.

Claire ferma les yeux.

Tout devint clair.

La maison.

Les faux documents.

Le prétendu divorce.

Madeleine ne voulait pas simplement récupérer une propriété.

Elle voulait récupérer les preuves.

— Voilà pourquoi ils sont venus quand j’étais censée être à Paris.

Sarah acquiesça.

— Ils pensaient trouver cette pièce.

— Étienne avait l’enveloppe.

— Donc ils savaient que Julien avait laissé quelque chose.

Claire consulta les derniers fichiers.

Une vidéo.

Date : la veille de la mort de Julien.

Elle appuya sur lecture.

Julien apparut.

Fatigué.

Assis dans cette même pièce.

« Claire, si tu regardes ceci, je n’ai probablement pas réussi à terminer ce que j’avais commencé. »

Claire cessa de respirer.

« Mon père a créé Horizon. Ma mère l’a maintenu après sa mort. Étienne l’a développé. Pendant longtemps, j’ai fermé les yeux. Je me disais que je n’étais pas celui qui signait les documents. C’était une lâcheté. »

Claire pleurait silencieusement.

« Quand tu as rejoint le conseil, j’ai compris qu’ils utilisaient aussi ton identité. J’ai commencé à rassembler les preuves. »

Julien regarda la caméra.

« Je devais rencontrer le procureur lundi. »

Claire calcula.

Il était mort le dimanche.

La veille.

Sarah se leva.

— Il faut appeler la police.

Mais la vidéo continuait.

« Si quelque chose m’arrive, ne fais confiance ni à ma mère ni à Étienne. Mais il existe une personne qui sait tout. »

Julien prononça un nom.

Paul Delorme.

L’avocat qui, quelques heures auparavant, avait affirmé que Julien voulait divorcer de Claire.

Sarah murmura :

— Ce type était dans ton salon.

Claire regarda l’écran.

Julien ajouta :

« Delorme m’a aidé à préparer une deuxième structure juridique. Ma mère ignore ce qu’elle contient. Il possède une copie des documents originaux. »

Claire se leva.

— Alors pourquoi travaille-t-il avec Madeleine ?

Sarah répondit :

— Soit il a changé de camp…

— Soit il joue un rôle.

Le téléphone de Claire vibra.

Numéro inconnu.

Un message.

« Vous avez ouvert la pièce. »

Claire sentit son cœur s’arrêter.

Deuxième message.

« Ne faites confiance à personne qui était dans votre salon ce soir. »

Sarah regarda autour d’elle.

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— Quelqu’un sait que nous sommes ici.

Puis toutes les lumières s’éteignirent.

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